« Espace de travail : évitons de figer l’environnement ! »

03 novembre 2020

 

 

92% des actifs pensent que l’aménagement des espaces de travail joue un rôle majeur dans leur bien-être et sur leur productivité selon une étude ACTINEO. Christophe Lecuelle, architecte référent ergonomie chez Patriarche, revient sur le sujet de la mutabilité, essentielle pour satisfaire tout le monde en étant proche des besoins individuels. L’utilisation croissante des espaces de coworking à la pointe sur ces sujets, ou encore la crise sanitaire actuelle, aident à prendre conscience de l’importance du sujet et des investissements à effectuer.  

Bien-être, productivité… N’exagère-t-on pas un peu les bienfaits de l’aménagement de l’espace de travail ?

Certainement pas. Et la liste des bienfaits ne s’arrête pas là. Prévention des risques psychosociaux, réduction du stress, concentration, motivation, créativité… Un environnement de travail plaisant sert non seulement à attirer les candidats mais aussi à réduire le taux d’absentéisme du personnel. Le sujet est d’autant plus d’actualité avec le télétravail généralisé en temps de crise sanitaire. Des entreprises auront sûrement du mal à faire revenir des salariés qui ont goûté au home office, si les bureaux ne sont pas séduisants et n’offrent pas une expérience différente de celle vécue au domicile.

 

Qu’entendez-vous par « bureaux séduisants » ?

Premièrement, l’aménagement bienveillant classique du bureau est impératif : bien assis, bien éclairé, bien chauffé… Une qualité de l’espace qui peut d’ailleurs être mesurée et établie par des normes est la base. Mais secondement, au-delà du simple confort, c’est aussi l’impression de confort qui doit transparaître. La perception des individus, aussi subjective soit-elle, est déterminante. Ce qui requiert de la mutabilité, de l’adaptation au cas par cas.

 

A-t-on plus creusé le sujet dans d’autres pays ?

Oui pour la qualité objective nécessaire des espaces de travail à proposer. Par exemple, nous aménageons en ce moment des bureaux sur un site existant en Suisse. Nous devons respecter des normes plus denses et précises qu’en France. Les distances entre les bureaux, derrière les bureaux, au niveau des rangements, dans les espaces de circulation sont toutes précisément définies… Tout est pensé au préalable pour l’utilisateur, la maintenance et la sécurité. Les bureaux ne peuvent être collés aux vitres pour permettre leur nettoyage. Nous rencontrons d’ailleurs des problèmes de surface pour complaire aux règlementations en vigueur et nous essayons donc de trouver des leviers pour nous en accommoder : ce qui passe aussi par des postes partagés et du home office.

 

Et comment répondre à la part de subjectivité de l’utilisateur ?

C’est la question la plus difficile. La lumière par exemple est la même pour tout le monde mais n’est pas ressentie de la même manière : des régulations de l’éclairage en fonction des personnes, des rythmes circadiens, des moments de la journée, des tâches effectuées peuvent être imaginées. L’acoustique se module aussi (cloisons absorbantes…). Un mobilier à hauteur réglable, des bureaux assis-debout peuvent être adaptés aux perceptions diverses. Il importe aussi de concevoir de nombreux espaces de convivialité et d’échanges informels, dans des couloirs, des escaliers, des renfoncements car les utilisateurs utiliseront les endroits de manière improbable – et inversement, permettre de travailler dans des lieux qui ne s’y prêtent pas initialement, comme les cafétérias. Les espaces doivent être connectés, confortables, stimulants. Je pense aussi à des œuvres d’art, à des choses qu’on n’a pas chez soi à priori.  Les évocations de la nature peuvent aussi aider les adeptes de la biophilie, avec des plantes mais aussi des matériaux, des couleurs, des odeurs, des formes (vagues, branches, nervures…).

 

S’agit-il de donner aux utilisateurs le pouvoir (« empowerment ») d’adapter le bureau à leurs goûts et perceptions ?

Assurément. Vous aurez beau définir une tâche précise aux salariés, formaliser les gestes qu’ils doivent accomplir au quotidien, tout ne se passera jamais exactement de cette manière. La variabilité entre les individus est évidente.    Aucun ne se situe dans la norme, la personne moyenne ne correspond à aucune autre. Les perceptions, capacités de concentration et de travail diffèrent selon beaucoup de paramètres comme le degré de fatigue, l’humeur, le moment dans la journée… si bien qu’il faut absolument éviter de figer l’environnement. Celui-ci doit pouvoir s’adapter aux imprévus, aux missions différentes… Ceux qui sont trop contraints par leur bureau préfèreront rester chez eux.

 

Est-ce que des bureaux ergonomiques et aptes au « flex office » ne vont pas finir par tous se ressembler ?

Certains affirment que dans 20 ans, il n’y aura plus de bureau, juste des tiers-lieux pour rencontrer les collègues. D’autres au contraire rappellent que les bureaux représentent l’identité de l’entreprise. Les situations diffèreront selon moi mais cette idée d’identité, d’image de la société renvoyée doit être étudiée. Toujours pour ne pas figer l’environnement, il est possible d’envisager des projections de couleurs, de lumières 3D, de sortes d’hologrammes, pourquoi la diffusion de musiques révélant l’identité de la société. Ces dispositifs s’étudient en tout cas avec les équipes d’ingénieurs, comme nous le faisons chez Patriarche.

Walter

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